jeudi 29 septembre 2011 | By: Mickaelus

Notre-Dame de Beauchêne







Salve, Regina... spes nostra, salve...
Illos tuos misericordes oculos ad nos converte.

« Salut, Reine, notre espérance, salut ! Abaisse sur nous des regards de miséricorde. »

(Antienne liturg.)










Sur les bords de la Sèvre, aux flancs d'une colline
Au milieu des grands bois,
Joyeuse, sous le ciel, une cloche argentine
Résonne quelquefois.

Une antique chapelle, au sein de la verdure,
Se cache comme un nid :
Et la cloche est sa voix qui chante et qui murmure
Un cantique béni.

La Reine des élus, dans ce vieux sanctuaire,
A fixé son séjour.
Souriante elle vient, de son ciel, sur la terre
Demander notre amour.

Ah! nous l'aimons aussi, la Vierge de Beauchêne,
Nous sommes ses soldats ;
Comme un lien d'amour, son nom seul nous enchaîne ;
Nous ne l'oublions pas.

Nous aimons, à genoux devant notre Madone,
Redire nos douleurs ;
Quand nous voyons les traits d'une mère si bonne,
Nous essuyons nos pleurs.

Quand ses bras palpitants pressent avec tendresse
Son aimable Jésus,
Chacun de nous reçoit les baisers, la caresse,
Que son Fils a reçus.

Qu'elle en a soutenus de sa main maternelle !
Que de cœurs désolés,
Pour chercher son secours accourant auprès d'elle,
Sont partis consolés !

Nos pères sont venus agenouiller leurs âmes
Dans un jour solennel :
C'est là qu'ils ont puisé leur courage et leurs flammes,
Pour le trône et l'autel.

Du sanctuaire saint en baisant les murailles,
Nos aïeux disaient tous :
« O Reine des guerriers, dans les grandes batailles,
Vierge, protégez-nous !

« Que nos âmes par vous, puissante protectrice,
Combattent sans émoi !
Dans les tourments, soyez notre consolatrice,
Et gardez-nous la foi ! »

C'est ainsi qu'ils parlaient, à genoux sur les dalles,
Ces courageux guerriers.
Puis, ils ont, affrontant la mitraille et les balles,
Moissonné des lauriers.

En face de la mort, on les a vus sourire,
Car ils avaient l'espoir,
Au ciel, de vous trouver, après leur grand martyre,
O Vierge, et de vous voir.

En nous, fils de ces preux, Vierge toute-puissante,
S'il le faut quelque jour,
Veuillez ressusciter leur âme frémissante,
Le feu de leur amour !

Chacun de nous alors, ô Vierge toute bonne,
Sera votre soldat.
Comme eux nous combattrons, si jamais l'heure sonne
Du noble et saint combat.


Dom Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)